Mohamed Moutaoukil, Mohamed Benani, Chakib Chouikh, Abderrahmane Elouali, Mustapha Bensghir, Mohammed Drissi
Journal: Medpeer Publisher
ISSN: 3066-2737
Volume: 3
Issue: 9
Date of Publication: 2026/09/30
Contexte. L’épidermolyse bulleuse (EB) héréditaire regroupe des génodermatoses caractérisées par une fragilité cutanéo-muqueuse extrême. Chez l’enfant, l’anesthésie est un défi par la fragilité cutanée, les voies aériennes et les comorbidités. La littérature est dominée par des cas isolés et des séries monocentriques.
Observation. Fillette de 8 ans (22 kg) atteinte d’EB héréditaire [Forme récessive (EBDR / Variante Hallopeau-Siemens)], opérée d’extractions dentaires sous anesthésie générale. Le bilan préopératoire, cardiaque et biologique (numération, ionogramme, fonction rénale, albuminémie), était normal. L’induction a associé propofol, fentanyl et rocuronium. L’intubation nasotrachéale (sonde 4,5 lubrifiée) a échoué à droite et réussi à gauche avec un saignement minime. Le capteur de SpO₂ était difficile à placer, les électrodes ECG ont été posées sans fixation ferme, le brassard sur une bande de gaze. La voie veineuse a été compliquée par des points de ponction préexistants, une desquamation, un saignement et la difficulté d’utiliser un garrot. Après 2 h 30, le rocuronium a été antagonisé par néostigmine avec réchauffement, et l’extubation a eu lieu après normalisation du TOF. Le réveil a été retardé.
Conclusion. L’anesthésie de l’enfant atteint d’EB repose sur l’évitement de tout cisaillement, un abord veineux et un monitorage adaptés, une fixation atraumatique de la sonde et un monitorage neuromusculaire. Un retard de réveil doit faire chercher ses causes de façon systématique, y compris les traitements de fond et la thermorégulation.
: épidermolyse bulleuse ; anesthésie pédiatrique ; voie veineuse périphérique ; intubation nasotrachéale ; retard de réveil ; chirurgie dentaire.
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