OULD CHEIKHNA YOUSSEF, SIDI M’HAMED ELY, TALEB ISSA MOHAMED LEMINE, HANAA EL GHIATI, PROFESSEUR JAMAL KHEYI
Journal: Medpeer Publisher
ISSN: 3066-2737
Volume: 3
Issue: 6
Date of Publication: 2026/06/07
Introduction. Le syndrome de Wolff-Parkinson-White (WPW) est lié à la présence d'une voie accessoire atrioventriculaire responsable d'une préexcitation ventriculaire. Cette anomalie expose à des tachyarythmies supraventriculaires et, plus rarement, à des événements rythmiques graves. L'ablation par radiofréquence constitue actuellement le traitement de référence des formes symptomatiques et de certaines formes à risque. L'objectif de ce travail était d'évaluer les résultats de l'ablation par radiofréquence dans le syndrome de WPW, avec un intérêt particulier pour le taux d'échec, les mécanismes en cause et les complications observées à l'Hôpital Militaire Mohammed V.
Patients et méthodes. Il s'agit d'une étude observationnelle, rétrospective et monocentrique menée au sein du service de rythmologie du département de cardiologie de l'Hôpital Militaire Mohammed V de Rabat sur la période 2024-2025. Ont été inclus les patients ayant bénéficié d'une exploration électrophysiologique avec indication d'ablation par radiofréquence d'une voie accessoire de type faisceau de Kent avec préexcitation manifeste à l'électrocardiogramme de surface. Les faisceaux de Kent cachés et les voies accessoires à conduction décrémentielle ont été exclus. L'échec procédural était défini par la persistance ou la récidive de la préexcitation, ou par la persistance d'une conduction par voie accessoire chez un patient symptomatique.
Résultats. Trente patients ont été inclus. L'âge moyen était de 33,3 ± 15,5 ans, avec une prédominance masculine (17 hommes, 56,7 %). Quinze patients (50 %) étaient symptomatiques et un seul avait présenté une syncope. Les localisations dominantes des voies accessoires étaient antérolatérales (14 cas ; 48 %), antéro-septales (12 cas ; 41 %) et postéro-septales (3 cas ; 10 %). Vingt-neuf procédures d'ablation ont été réalisées ; un patient a nécessité une seconde procédure. Le succès global a été obtenu chez 26 patients, soit 86,7 % de la cohorte. Deux patients ont présenté un échec et, chez deux autres, l'ablation n'a pas été réalisée après l'exploration électrophysiologique en raison du caractère jugé bénin de la voie accessoire. Une seule complication majeure a été observée, à type de tamponnade cardiaque avec état de choc hémodynamique, soit 3,3 % des cas.
Conclusion. Dans notre expérience, l'ablation par radiofréquence du syndrome de WPW présente un taux de succès élevé, globalement cohérent avec les données de la littérature. Les échecs concernent surtout les localisations anatomiques complexes, notamment septales et hissiennes. Malgré une morbidité faible, le risque de complication grave impose une expertise spécialisée et une sélection rigoureuse des indications.
Wolff-Parkinson-White ; ablation par radiofréquence ; voie accessoire ; échec ; électrophysiologie interventionnelle.
Download PDF